Bénin Atcha-Houn en formation
Akpékan partage ses connaissances avec une vingtaine d'acteurs culturels
Faire
revivre un des rythmes traditionnels phares du Bénin en voie d’extinction. Telle
est la vision de Cossi Édouard Ahlonsou alias Akpékan par rapport au rythme et
à la danse Atcha-Houn Kpatcha Zoli. Et c'est la première édition du Bénin
Atcha-Houn en Formation qui démontre la noble intention qu'il nourrit en ce qui
concerne ce rythme du Sud Bénin. Soutenu par la Direction du Fonds des Arts et
de la Culture (DG/FAC), Akpékan artiste danseur de nos danses patrimoniales au
départ, voudrait tout donner pour sauver de l’extinction ce rythme. Il a
découvert le Atcha-Houn Kpatcha Zoli dans la Commune de Kpomassè il y a
quelques années. Séduit par ce rythme, par la manière dont il s'exécute, par la
danse qui l'accompagne, il se décida avec l'aide de Papa Roger Aguidissou
Assagônou Gamba, d'en faire la promotion, de vulgariser ce rythme afin d'en
assurer la sauvegarde. Mais avant d'en arriver là, il lui fallait le pratiquer
lui-même et en maîtriser les rouages.
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| Akpékan expliquant les rouages du Atcha-Houn Kpatcha Zoli aux apprenants |
Il
faut dire que le Atcha-Houn fait partie des rythmes cérémoniels et hautement
funèbres du Sud Bénin. C'est un rythme qui se joue pendant que les fossoyeurs
sont entrain de creuser la tombe, qui se joue donc avant, pendant et après
l'ensevelissement. Au départ il se jouait avec des gongs, des castagnettes plus
la poitrine. Complètement délaissé à cause de son caractère funèbre, le Atcha-Houn
Kpatcha Zoli était tombé dans une extinction profonde. Fort heureusement
Akpékan avait vu juste en trossant ses accoutrements de danseur contre ceux
d'artiste auteur, compositeur et chanteur, d'un rythme particulier. Ne pratique
pas le Atcha-Houn Kpatcha Zoli qui veut, mais qui peut, parce qu'il a des
spécificités. La manière de jouer les gongs, les castagnettes, l'exécution des
chansons ; tout est calculé, mesuré et il faut en avoir la maîtrise.
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| La danse du Atcha-Houn Kpatcha Zoli |
Après
un premier album fait exclusivement du Atcha-Houn Kpatcha Zoli et qui a
convaincu aussi bien les béninois résidents au pays que nos frères et sœurs de
la Diaspora, Akpékan se décide à se lancer résolument dans la promotion, la
vulgarisation et la sauvegarde du Atcha-Houn Kpatcha Zoli avec la touche qu’il
a lui-même apporté. C’est Akpékan qui a introduit des tambours dans ce rythme
qui était exclusivement joué avec des gongs, des castagnettes et la poitrine.
Il a donc initié l’atelier de Formation dénommé '’Bénin Atcha-Houn en
Formation'’ pour partager ses connaissances en la matière avec d’autres
artistes. Et sur la première édition qui se déroulait du mardi 22 au jeudi 24
décembre 2020 au quartier Adjocomey dans l’arrondissement de Houédo Commune
d’Abomey-Calavi ; une vingtaine de jeunes gens, venus de Sô-Ava, Houédo,
Ganvié, Ouidah, Calavi, Godomey, Cotonou, Glohh, etc. des artistes toutes
catégories confondues étaient là pour apprendre. Ils mettront certainement à
profit tout ce qu’ils ont retenu sur cette formation, pour maintenir en vie le
Atcha-Houn Kpatcha Zoli. Tout le souhait de Cossi Édouard Ahlonsou alias
Akpékan qui voudrait que d’autres personnes pratiquent ce rythme avec lui afin
que le Bénin en sorte vainqueur.
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| Les apprenants dans la photo de famille après avoir reçu leurs attestations |
Étant
d’ailleurs le premier à mettre ce rythme, sa danse et les chants qui s’exécutent
sur le Atcha-Houn Kpatcha Zoli sur un support phonographique, il est attendu à
Bordeaux en France sur invitation de la Diaspora béninoise pour une prestation
en live. Vivement que le Président Patrice Talon, le Ministre Jean-Michel
Abimbola et le Directeur Général du Fonds des Arts et de la Culture, Gilbert
Déou Malè que Akpékan remercie pour leurs visions communes de redorer le blason
de la Culture béninoise ; l’entendent, le soutiennent pour l’atteinte des
objectifs qui soutendent ‘’le Bénin Atcha-Houn en Formation'’.
Patrick
Hervé YOBODE



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