Les béninois réclamant le Festival Zinli Wéfó
Mathi Vodoun les rassure à travers cette courte interview
Artiste
danseur et chorégraphe de talent, Mathias Ganhounouto alias Mathi Vodoun est le
Promoteur du Festival Zinli Wéfó. Une initiative qui chaque année depuis déjà 5
ans draine un nombre incalculable de béninois autour de notre culture et notamment
de deux pièces de notre patrimoine culturel immatériel. Le rythme et la danse Zinli
sont revus chaque année dans toutes leurs facettes avec en toile de fonds des messages
liés aux faits sociaux mis en chorégraphie. Ayant attendu le rendez-vous du Festival
Zinli Wéfó qui a lieu en janvier et l'ayant manqué, les populations avaient commencé
par le réclamer en se posant beaucoup de questions. Pour éclairer leurs lanternes,
nous avons pris contacte avec Mathi Vodoun qui depuis la France a bien voulu nous
accordé une interview. Lisez plutôt.
Vous
êtes bien connu dans le monde artistique
et culturel béninois, mais vivant en France depuis quelques années, vous allez
devoir vous présenter à nos lecteurs.
Je
suis Mathias Ganhounouto alias Mathi Vodoun, béninois je suis danseur
professionnel de nos danses patrimoniales. Sociétaire de l'Ensemble Artistique
National (le Ballet National) pendant 9 ans, c'est grâce à la danse que je vis
en France où j'enseigne nos danses, nos rythmes, notre manière de nous
habiller, notre langue nationale le Fongbé ; j'indique les sites touristiques
de mon cher et beau pays le Bénin aux touristes européens, etc. C'est toujours
pour mieux contribuer à l'enracinement de nos valeurs ancestrales que j'ai
initié le Festival Zinli Wéfó qui rassemble des danseurs professionnels, des
novices de la danse. À ceux-ci, j'enseigne les pas de la danse traditionnelle
Zinli, qu'ils soient talentueux ou non et sans distinction de sexe afin que ce
pan de notre richissime culture ne disparaisse.
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| Mathi Vodoun en action |
Que faites-vous réellement en France et qu'enseignez-vous aux européens qui soient issus de notre patrimoine culturel ?
C'est
vrai que sans explication, nul ne peut comprendre réellement ce que vous faites
et la part que vous prenez dans la promotion culturelle. C'est vrai, j'enseigne
nos danses patrimoniales aux blancs de plusieurs nationalités et ceci pas
seulement le Zinli. Je leurs enseigne le Zinli, Agbadja, Tèkè, Akonhoun,
Tipenti, Houngan, Gogbahoun, et autres danses de chez nous dont nous avons
acquis les notions et avons prouvé notre savoir faire au sein du Ballet
National et autres troupes et compagnies de danse. Je travaille surtout avec
des particuliers, des historiens d'arts, dans des écoles, avec les béninois de
la Diaspora dont les femmes, maris et enfants n'ont jamais foulé le sol de
leurs aïeuls. Les associations de béninois vivants en Europe me sollicitent
pour différentes animations. Je sillonne donc plusieurs pays européens pour la
promotion de la culture béninoise.
Les
béninois qui ont attendus tout le mois de janvier votre événement Zinli Wéfó
sans suite, réclament ce Festival qui dès sa première édition a suscité un
engouement populaire extraordinaire. Que leurs répondez-vous ?
C'est
vrai que mon Festival Zinli Wéfó après une semaine de formations dans des
écoles de danses, prend d'assaut l'esplanade intérieur du Stade de l'Amitié
Général Mathieu Kérékou. Les béninois n'ont pas eu Zinli Wéfó en janvier à
cause du Coronavirus. Cette pandémie qui a bloqué les activités dans tous les
secteurs et dans tous les pays. Ce n'est que maintenant que même ici en France
de petites ouvertures se font remarquer et je constate qu'au pays le
gouvernement a autorisé les manifestations. C'est une bonne chose et je tiens à
remercier le Président Patrice Talon pour cette décision, pour ses nobles
ambitions pour le secteur culture. Je voudrais aussi saluer l'autre artisan
infatigable que le Président Talon a mis au service de la culture et qui ne
ménage aucun effort pour la réalisation des ambitions et l'atteinte des
objectifs fixés par le Président. Puisse Dieu et les Mânes immuables de nos
ancêtres les combler. Je n'oublie pas le Ministre Jean-Michel Abimbola à qui je
présente d'ailleurs mes condoléances. Toutes les réformes engagées pour un
secteur culturel contributeur au PIB, sont salvatrices et nous ne pouvons que
soutenir le PAG et le Président Patrice Talon. Le Festival Zinli Wéfó, n'a pas
été organisé en janvier à cause du Covid-19, mais l'édition 2021 sera
effective. Puisque je reçois chaque jour des appels de partout, les gens veulent
savoir pourquoi ce silence. Nous leurs disons que Zinli Wéfó a été légèrement
décalé. Dans quelques semaines ce rendez-vous sera honoré et à travers lui,
nous allons monté un spectacle qui remercie le Chef de l'État, le Programme
d'Action du Gouvernement tout ceci à travers la danse Zinli.
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| Atelier de formation du Festival Zinli Wéfó |
Alors vous venez de confirmer la tenue du Festival Zinli Wéfó, dites-nous quand est-ce que l'édition 2021 aura lieu, comment sera l'organisation et quelles en seront les innovations ?
Merci
pour la question. Je dirai que dans deux mois Zinli Wéfó aura lieu à Cotonou.
Il y a plusieurs innovations et d'ailleurs ceux qui viennent et qui aiment ce
festival savent que nous travaillons et que chaque année il y a des
innovations. Pour cette année, nous avons prévu des casting à Abomey, Agonlin,
Cotonou et après une sélection sera faite avant l'atelier de formation qui
durera une semaine. Après ça, il y aura trois jours de manifestations faites
caravanes, des animations culturelles tous les soirs et ceci à partir du
vendredi déjà. Le samedi matin sur l'esplanade, il sera donné des cours de
danse à tous les passants désireux. Le dimanche sera l'apothéose où à travers
une chorégraphie bien concoctée, nous allons remercier le Président Patrice
Talon pour toutes ses à actions et réalisations tout en mettant en exergue
le PAG.
Un
appel à lancer aux autorités afin qu'elles vous soutiennent dans l'organisation
et la tenue de cette édition du Festival Zinli Wéfó ?
Mon
appel va à l'endroit du Président de la République, du Ministre du Tourisme, de
la Culture et des Arts et du Directeur Général du Fonds des Arts et de la
Culture. Ces autorités qui ensemble ont des ambitions pour le secteur des arts
et de la culture et qui ont mis en place un bon mécanisme pour l'atteinte des
objectifs. Nous artistes, nous n'avons rien que le talent que Dieu nous a
donné, les autorités doivent donc nous accompagner pour que nous puissions
faire ce que nous savons faire le mieux. Je voudrais prier le DG FAC Gilbert
Déou Malè de me soutenir afin que je puisse tenir cette édition. J'en appelle
aussi à tous ceux qui m'ont toujours accompagné à ne pas abandonner en si bon
chemin. Qu'ils soient toujours avec moi, qu'ils me soutiennent afin que je puisse
faire la promotion du pan de notre culture que j'ai choisi. Aussi je voudrais
dire aux artistes et acteurs culturels, promoteurs, producteurs, etc. que
chacun joue bien le rôle qui est le sien et qu'ensemble nous soutenions le Chef
de l'État Patrice Talon et son gouvernement pour que notre secteur bénéficie davantage
de considération, d'appui et de visibilité. C'est le Bénin qui y gagnerait.
Merci à toutes et à tous.
Propos
recueillis et transcris par Patrick Hervé YOBODE



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